Le Hameau de La Perche
Le
Col et l'ancien HÙpital
Si
vous consultez une carte gÈologique, il serait Ètonnant de ne pas trouver dans
l'Ouest de PyrÈnÈes un passage appelÈ "Col de La Perche" (alt.1579 m).
En effet, la Cerdagne dÈbute son plateau d'altitude ici.
Depuis des millÈnaires, traverser les PyrÈnÈes par les montagnes, revenait ý dire
qu'il fallait trouver un passage facile.
Les romains avaient fait une voie venant d'Elne (en Roussillon): la "Via Conflentana"
(du Conflent) et se transformait au Col de la Perche en "Strata Cerdana" (route
cerdane). En 897, une bulle du Pape Romanus confirme les droits de l'église
d'Elne, et dit que son diocèse s'étend du "port de Jardo à
la mer". (Le Jardo est le ruisseau qui prend sa source à la Perche).
Le nom de "Perche" n'apparaît qu'en 1095 dans le testament de
Guillem-Raymond, comte de Cerdagne.
Au XIIe siËcle, un HÙpital voit le jour. Il s'agit d'accueillir les pËlerins et
voyageurs, leur donner le manger et le coucher, mais aussi les soins nÈcessaires.
La première mention est faite en 1174 par l'abbé de St Michel de
Cuxa, Arbert. (L'église est sous le patronat de l'abbé de Cuxa alors
que l'hôpital appartient à l'abbaye d'Arles).
La chapelle sous le patronat de la Vierge des Voyageurs. La statue romane a disparue,
mais l'église de La Cabanasse contient celle du XVe ainsi que quelques
autres saints du XVIIe. La chapelle tomba en ruine vers le XVIIIe, ses restes
furent réutilisés dans les remblais de la nouvelle église
paroissiale de la commune en 1898.
Un texte ancien nous rapporte la plus part des lieux : "Le 3 des calendes
de novembre de l'an 965, Seniofred, comte de Cerdagne, de Conflent et de Vallespir,
fit donnation à l'abbaye de Sainte-Marie d'Arles (sur Tech) de tout ce
qu'il possédait "en alleu propre" et provenant du patrimoine
de sa mère et de ses prédécesseurs, dans les territoires
des Forcats et de Bolquera, c'est à dire le Vilar d'Ovansa, les manses
de Pujol (La Perche), le Vilar de Caselles et la partie du vilar de Bolquère
situé sur la rive gauche de la rivière du même nom."
Le Vilar d'Ovansa concerne l'actuel hameau des Moulins.
Le Vilar de Caselles est l'ancienne appellation de ce qui deviendra "la cabana",
puis "La Cabanassa" en 1570.
Les Manses de Pujol désignent le Vilar de la Perche.
Le nom de "Perche" proviendrait de poteaux qui jalonnaient encore à
la fin du XIXe siècle la route pour passer le col en hiver.
Sous le règne de Louis XI au à partir de 1462, l'hôpital périclita
et ne fut restauré qu'en 1480. En 1557, l'église est placée
sous le vocable de St Jean et porte le nom de prieuré "de Sainte Marie
et de Saint Jean".
L'hôpital va peu à peu se vider de ses malades et disparaitra en
1696. En 1807, M. Delcasso, juge de paix à Mont-Louis et propriétaire
à La Perche constate : "l'église de la Perche est entièrement
détruite : il n'en reste que quelques ruines, c'est à dire partie
de murailles. ... Depuis longtemps la paroisse de la Perche est supprimée
et depuis la nouvelle organisation des municipalités le lieu de La Perche
a été uni à la commune de La Cabanasse."
En 1616, la commune de La Perche porte le nom de "Saint Jean de La Perche".
En effet il existe une différentiation entre la commune de La Cabanasse
et celle de La Perche. Ce n'est qu'en l'An VIII, c'est à dire en 1800 que
La Perche est réunie à La Cabanasse, malgré les protestations
des habitants qui auraient préférés Bolquère.
Aujourd'hui, Le Col de La Perche est composé de deux corps de ferme de
chaque côté de la route. Deux hôtels se touchent, le Catalan
et Les Mélèzes.
(informations
recueillies d'après l'ouvrage d'E.Brousse "La Cerdagne française"
1896)