Le Hameau des Moulins


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L'Ancien Vilar d'Ovansa


      

Ce qui semble être aujourd'hui une ancienne grande ferme, a été le lieu de départ de la commune de La Cabanasse.
En effet, l'Hôpital de La Perche était une sorte de relais pour les voyageurs ou les pèlerins avant de redescendre vers la Cerdagne ou le Conflent dans l'autre sens.
Au carrefour des trois vallées (Cerdagne, Capcir, Conflent) il y avait un "Vilar", c'est à dire un regroupement de grosses fermes. Il n'y avait pas d'église puisque la paroisse était St Pierre dels Forcats, de l'autre côté du Jardo.
Texte de 1509 parlant du VilarIl ne s'agit donc pas d'un village au sens traditionnel que l'on connaît. Le village actuel de Planès en est une bonne image.
Cité en 965 en tant que "vilar de la Perche" ou le "vilar", il apparaîtra sous le nom officiel de "Vilar d'ovansa".
En 1659, un accord entre l'Espagne et la France, va définir une frontière pyrénéenne stable. Le Traité des Pyrénées va partager la Cerdagne entre les deux pays. 33 villages seront reliés à la France, dont le Vilar d'Ovansa. Llivia, considéré par les espagnols comme ville et non comme village, restera en Espagne, dans une enclave.Inventaire de 1540 parlant du 1er moulin
Lorsque Vauban cherche le meilleur emplacement pour construire une ville-forte, il choisit le territoire du Vilar, "en ruine" d'après ses dires, en tout cas bien diminué.
Sur le Vilar, il existe déjà un moulin. On le trouve cité en 1540. Il appartient à Barthélémy BLANQUE, mais sous la seigneurie de Jean de Foix, un frère du comte de Foix.
En 1678, sur un des derniers projets de Mont-Louis, on trouve la dernière ferme du Vilar appelée "moulin du Gouverneur". Mais le projet n'aboutit pas, peut-être parce qu'il est trop ancien.
les Moulins sur un plan de 1715En 1686, François de Fortia, marquis de Durban, 1er Gouverneur de la Place, demande au Roi Louis XIV l'autorisation (voir le texte original) de construire un nouveau moulin pour la citadelle.
Un privilège est donné et le second moulin est bâtit en 1691 sous le nom de "Moli del Rey", moulin du Roi.
Une deuxième ferme va s'ajouter grâce aux paiements des terres prises pour l'édification de Mont-Louis.
Le terme de vilar d'Ovansa n'étant plus d'actualité, au XVIIIe, le lieu va devenir "les Moulins", alors que le village de La Cabanasse prend suffisamment d'ampleur pour devenir commune.
les Moulins en 1894
En 1896, dans son ouvrage "La Cerdagne française", Emmanuel Brousse va consacrer 5 pages au hameau des Moulins. Il y décrit en détail les granges, les jardins en terrasse, les parcs, les vaches, chevaux et animaux de ferme, la filature, le moulin à farine, etc... En effet, la ferme est une des plus moderne de la région pour l'époque. La famille Blanc des Moulins sera à deux reprises à la mairie de Mont-Louis, Conseiller Général, constructeurs de l'Hôtel de France dans la Cité fortifiée.
Le moulin du Roi va fonctionner jusqu'en 1946 (Mr Banet ayant été le dernier meunier). La SNCF réquisitionne le débit de la Têt, particulièrement par le barrage des Bouillouses. Le moulin s'arrête alors, faute d'eau.
La ferme sera exploitée jusque dans les années 60.
C'est dans les années 1990 que l'Atelier de Vitrail redonne une nouvelle activité à l'une des fermes.